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dans ma ville mais qu'importe. La première chose que j'ai faite a été d'observer les moniteurs chargés d'apprendre aux adultes à nager.
Certains se contentaient de marcher, le long du bassin, bombant le torse, plus occupés à se faire admirer qu'à surveiller leurs clients pataugeant dans l'eau.
D'autres, se contentaient d'aboyer leurs consignes sans même daigner descendre dans l'eau et corriger la posture de la personne. Ils préféraient discuter entre eux.
J'ai choisis le troisième, ayant pris le temps de le regarder faire. Il allait dans l'eau, montrant patiemment les gestes à corriger, correctement. Ce n'était pas le
plus beau des maîtres nageurs, ni le plus jeune mais aujourd'hui, je me rends compte que j'ai choisi le meilleur des moniteurs.
Le plus dur fut d'apprendre à vaincre ma peur en m'obligeant à mettre mon visage dans l'eau et d'apprendre à souffler dans l'eau. La première fois, j'ai du rester
qu'un quart de seconde ! Comme cette leçon se répétait régulièrement, peu à peu, sans m'en rendre compte, ma crainte de suffoquer commença à s'estomper.
Il y eut aussi un entretien avec mon maître nageur qui désirait comprendre ma peur de l'eau. A 14ans, un moniteur m'avait jetée de force dans le grand bain où j'avais
commencé à couler. Force lui fut d'aller me repêcher. Ce fut d'un coup de poing rageur que je le remerciais, une fois en sécurité sur le macadam, lui brisant sa
montre au poignet.
Ma seconde noyade fut causée par mes jeunes cousins qui avaient voulu s'amuser, me jetant de force dans la Méditerranée, malgré mes hurlements de frayeur et mes
supplications. L'un d'entre eux porte encore malgré les années passées les traces de mes ongles sur son torse, sur lequel je m'étais désespérément agrippée !
Ma troisième noyade fut provoquée au cours d'un barbecue au bord d'un étang. Après une bonne séance de bronzage, je m'étais rhabillée, chaussée et était en train de
déguster une brochette quand je me suis sentie soulevée du sol et projetée dans le lac. Bizarrement je n'ai pas paniquée mais mes neurones gardent encore le
crissement du gravier sous mes baskets et les bulles d'air passant devant mes yeux, s'échappant de mes poumons sur le poing d'exploser.
Une fois en sécurité sur le sable et après une grosse crise de larmes, je recherchais d'un oeil féroce le responsable. Avoir passé une adolescence en pension en
compagnie de garçons m'avait appris à me battre. Ce jour là, l'imbécile qui m'avait jetée à l'eau prit la plus belle des raclées en public, offerte par une femme
aussi déchaînée qu'une chatte enragée !
Mon moniteur était fin psychologue. Chaque leçon était fixée le lundi soir. Très vite, je me rendis compte qu'en huit jours, ma crainte de l'eau reprenait le dessus.
Je décidais donc avec une amie d'y retourner le mercredi soir et le samedi soir et de répéter ma leçon.
L'effet fut radical. Le lundi, j'avais encore l'impression d'être restée dans l'eau jusqu'à l'heure de ma leçon. Dans la même année, mon médecin fit un constat
étonnant : j'avais grandi d'un centimètre alors que je venais de fêter mes 34ans ! D'autres effets furent bénéfiques. J'étais devenue plus calme, plus pondérée, moins
impulsive à mon travail et avec mes amis.
Mon moniteur m'avait donnée une année pour vaincre ma peur de l'eau. Finalement, il ne m'aura fallu que trois mois. Ma plus grande fierté fut de réussir mon premier
saut du plongeoir.
Un an plus tard, je participais aux régates rémoises et m'inscrivis au concours des 12 km de Reims. J'arrivais première obtenant ce que je n'aurais jamais cru
possible : ma première médaille d'or en canoë de mer !
Aujourd'hui, je sais que l'on peut déplacer une montagne. Encore faut-il vouloir vaincre ce qui vous freine.
Article écrit par Erotica51
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