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Si votre adolescent ne vous parle plus, s'enferme dans sa chambre : ne vous alarmez pas tout de suite. Pour se poser des
questions il faut qu'il y ait tout un faisceau de signes qui apparaissent progressivement, un seul n'est pas significatif.
Quels peuvent être ces signes
- Les changements de comportements vis-à-vis de la famille, de l'école et des amis, par exemple changement d'amis sans raison apparente de conflit.
- Désir de s'isoler, indifférence à l'égard de la vie, appartenance à des groupes isolés.
- Absences répétées à l'école ou dans les loisirs habituellement pratiqués (fugues éventuellement).
- Hypersensibilité et nervosité inhabituelle : accès de rires et de pleurs fréquents sans cause réelle, air distrait ou songeur ou au contraire agressivité verbale.
- Somnolence durant le jour, yeux rouges, pupilles dilatées, port de lunettes de soleil à l'intérieur et même le soir pour cacher les yeux.
- Détérioration de l'apparence extérieure et de l'hygiène corporelle.
- Besoin d'argent emprunté ou volé aux parents.
- Odeurs particulières dans la chambre, apparition de papier à cigarettes et de carton pour faire le joint.
- Troubles de l'appétit, de la prononciation, de la coordination.
- Mauvaise appréciation des objets, de la distance, de la vitesse.
Que faire
Essayer de dialoguer : la toxicomanie n'est pas un sujet tabou ni une maladie honteuse. Si le dialogue est refusé ou manipulé par l'adolescent sachez qu'une analyse de salive ou d'urine
lèvera tous les doutes : elles sont fiables à 99%. Il ne faut pas dramatiser, mais il ne faut pas non plus se dire que ce n'est pas très grave et que cela passera. Le jeune est en danger et
il va falloir lui montrer qu'on a la volonté de l'aider non pour le punir mais pour le protéger des menaces que le cannabis fait peser sur son avenir. Il va falloir lui expliquer clairement
les dangers de l'usage du cannabis une fois passée la sensation première d'ivresse et le risque quasi mécanique d'escalade vers d'autres drogues.
Le caractère convivial et festif des premières prises se transforme trop souvent en solitude et en exclusion et cela, ne l'oublions pas, sans aucun signe annonciateur. Mais pour cela encore
faut-il être soi-même lucide et conscient de ces effets pernicieux. D'autre part comme la volonté de l'adolescent est plus ou moins atteinte, une volonté adjointe d'une ou deux personnes va
lui être nécessaire pour réussir à s'arrêter. Il ne faut pas, si cela vous arrive, hésiter à vous faire aider plutôt que de vous mettre à culpabiliser : aucun test ni biologique, ni
neurologique, ni psychologique ne permet de détecter les adolescents à risques. Et pourtant, malheureusement, malgré l'amour et le dialogue, 50 % passent au stade suivant !.
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Article écrit par Marie-Christine PFAFF
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