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seigle. Au début du siècle dernier c'est Freud qui après avoir utilisé la cocaïne à des fins thérapeutiques en signalait très vite les dangers.
Tous ces rappels pour montrer combien il est dérisoire d'essayer de justifier la libéralisation de la drogue par sa présence ancestrale : la drogue est un danger contre lequel il faut lutter
si on ne veut pas voir le pourrissement de la société par l'annihilation de ses forces vives que représentent les jeunes.
Mais me direz-vous il y a eu et il y a des lois pourquoi semblent-elles sans effet ? Je pense que l'on a traîné pendant des décennies une erreur magistrale d'appréciation. Quand l'épidémie a
déferlé en France après avoir débuté dans les facultés américaines de Californie, personne ne connaissait vraiment le problème de la toxicomanie et les psychiatres qui se sont intéressés aux
troubles qui apparaissaient chez les jeunes toxicomanes, puis les psychosociologues, ont cru que le "mal être" ou les autres troubles constatés étaient la cause de leur dépendance à la
drogue. Ils n'ont pas imaginé que dans 95% des cas, c'était en fait la conséquence de l'usage de la drogue sur le cerveau. Et la loi du 31 Décembre 1970 si elle comprenait intelligemment un
volet thérapeutique et un volet répressif ne prévoyait aucune action de prévention. Une circulaire sur ce point parue en 1972 est restée lettre morte. Après le président Pompidou, le
président Giscard d'Estaing s'est aussi élevé contre la drogue, mais la publication en 1978 du fameux "livre blanc" a amorcé la fausse distinction "drogue dure/drogue douce" et a plutôt
empiré les choses.
Face à cette montée de la toxicomanie et cette impuissance de la loi, de nombreux préjugés ont faussé la vision du phénomène. Pendant longtemps la consigne prévalente était qu'il ne fallait
surtout pas parler de la drogue avec les jeunes parce que cela pourrait attirer leur attention ! Là encore, une erreur a été commise : les jeunes étaient parfaitement informés des plaisirs
artificiels procurés par la drogue, par des informateurs intéressés à ce qu'ils le soient. Malheureusement ces informations que ne possédait pas la majeure partie des adultes étaient
d'autant plus dangereuses qu'elles passaient complètement sous silence les effets néfastes sur le cerveau.
Les médias n'ont pas eu non plus une influence heureuse en contribuant à banaliser l'usage des drogues et à l'aggravation constante de la toxicomanie s'est ajouté le Sida à partir des années
90.
Cela aurait dû secouer tout le monde mais c'est le contraire qui s'est produit: on a cru que la guerre était perdue et qu'il ne restait plus qu'à limiter les dégâts en aidant les jeunes à se
droguer de façon "propre" en leur fournissant par exemple des seringues et en envisageant la mise en vente libre des stupéfiants. Grâce à ce découragement et ces erreurs encouragés
insidieusement par toutes les formes de pouvoirs qui, pour des raisons idéologiques ou financières souhaitent développer la vente des drogues, 36.000 jeunes paient maintenant chaque année
leur tribut à cette nouvelle forme d'esclavage, sans compter les 3000 morts par overdose ou accidents de la route...
L'exemple de la Suède est là : il est possible de diminuer ces chiffres. Les Suédois après avoir mis le cannabis en vente libre sont revenus rapidement et efficacement à l'interdit légal et
sévère ramenant en 15 ans la proportion de jeunes touchés de 5 à 1.
Encore faut-il prendre le temps de se renseigner sur les effets réels des stupéfiants afin d'être d'abord nous-mêmes, les adultes, lucides quant à leur nocivité et alors favoriser en premier
lieu la prévention par l'information, en étant convaincants parce que convaincus.
Lire aussi : Mon enfant se drogue-t-il ?
Article écrit par Marie-Christine PFAFF
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